« Écrire, c’est se donner le droit de raconter des mensonges »

Sandra Lemire Wolf- sepia
Photo media Sandra Lemire Wolf
Petite, j’aimais bien raconter des mensonges. Aujourd’hui, j’ai le loisir de retomber dans mes petits plaisirs d’enfance.
 
Je suis née à Montréal, dans le 514, à Pointe-aux-Trembles, il y a un demi-siècle.
 
Mes premières années me sont chères et on les retrouve dans mes écrits. Nos premières années nous définissent, disent certains spécialistes. Je les crois, du moins, sur ce point.
 
Si je vous raconte, un peu de moi, c’est pour que vous tâtiez si mes « hashtag » vous rejoignent et si mes histoires vous intéresseront, ou pas.
Jeune, je passais beaucoup de temps à l’extérieur avec mon chien Kimo (qui avait plus du loup que du chien) dans notre cour clôturée avec un bac à sable et un grand saule qui nous abritait de ses pleures.
 
Je préférais jouer seule avec mes scénarios que j’aimais peaufiner. Dans ma chambre, il y avait une petite télévision que je réglais sur noir pour créer des décors avec des découpures de magazine Sears. J’avais aussi un campeur de Barbie que je plaçais contre le mur d’un couloir sombre où une veilleuse s’encadrait parfaitement à une des fenêtres. Pour moi, Ken était bien plus souvent un rôdeur qu’un « lover ». J’aimais les suspenses, les histoires d’horreur. Mes rêves étaient peuplés du sourire du Capitaine Kirk et mes cauchemars, des mutants de Cosmos 1999.
 
Vers 5 ans je voulais des cours de ballets, j’ai eu le piano. Ça n’a pas duré. J’ai eu le temps de composer un truc plein de notes graves et discordantes à faire frémir et grincer des dents. Le titre reste intéressant : La guerre 1914. Je me demande bien comment j’ai trouvé ça.
 
Le premier film que j’ai vu au cinéma fut : Close Encounters of the Third Kind a fait de moi une fan de Spielberg. À ce jour, Jaws, est toujours mon film préféré.
 
Et les livres ? Bien sûr les livres! Le livre est bien souvent un support pour partir ailleurs. Comme les feuilles de thé ou la boule de cristal pour la voyante. Je crois que je m’auto-hypnose dans les lignes des autres. J’ai lu beaucoup de livres, mais je ne me souviens que de peu. De plus, je ne lis qu’en français, des traductions s’il le faut. Un sacrilège! Je sais, je m’assume. Les bibliothèques ont toujours été mon refuge. C’est propre, feutré, calme et sérieux. On peut me trouver entrain d’écrire dans l’une d’elles si elle a un certain cachet et une belle lumière. Ça me ramène dans le temps présent et me reconnecte avec la société. Et aussi, m’empêche de me mettre la tête dans le frigo quand je cherche un mot. Chez-moi, j’écris très tôt, je me lève à trois ou quatre heures du matin. J’aime être témoin de l’aube et n’avoir comme compagnie que le sifflement du nordet et les ronflements de mon chien.
 
Mes inspirations. Alors là… Est-ce que j’ai une grande bibliothèque ? Non, j’ai déménagé souvent et j’ai tendance, avec l’âge, d’alléger mes bagages. J’ai conservé mes Tintin, mes Boules et Bill et la reine du crime: Agatha Christie. J’ai aussi un livre fétiche, un vieil exemplaire folio de La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil de Sébastien Japrisot, trouvé dans un marché, tout racorni et plein de notes qui ne sont pas les miennes. Je me retrouve dans cette histoire. Peut-être suis-je un peu comme Dany Longo, j’ai une vision un peu floue des choses, je suis détachée, parfois effacée et je ne rêve que de rouler, rouler au volant d’une super bagnole en direction de la mer.
 
Je lis aussi des trucs sombres : Maxime Chattam, Dan Simmons ou des histoires qui laissent place à l’errance, le doute. J’aime, le mystère, les fables, le baroque.
 
Rien à voir avec ce que j’écris donc. C’est bien le drame ! Je voulais écrire des polars moi. Mais je n’ai aucun contrôle. D’où me viennent mes histoires ? Je ne sais pas, c’est comme un rêve qui revient sans cesse. Un film que je repasse, que je fignole. Une histoire avec une piste sonore que j’écoute en marchant dans les bois. Quand elle est mûre, je l’écris tout d’un trait. Les personnages sont comme mes enfants que je m’apprête à présenter au reste du monde en espérant que les gens les aimeront.
 
J’ai fait mes études à Québec, au collège de Sainte-Foy, puis à l’université Laval. En communication et cinéma. Durant mes études, j’ai travaillé à l’hôtel Loews dans le vieux Québec. L’hôtellerie est une incroyable source d’inspiration.
 
J’ai été portraitiste en Nouvelle-Écosse avant de revenir à l’écriture et ma passion des voitures en devenant chroniqueuse de Formule Un, pour la presse écrite, mais aussi la radio et la télévision. J’ai aussi créé des contenants en plus du contenu en codant des sites web. J’ai travaillé pour de grandes boîtes avec de grosses équipes et puis j’ai fondé la mienne. J’ai aidé de nombreuses jeunes entreprises à trouver leur couleur, leur image, leur public. Puis en 2016, j’ai cessé de prendre de nouveaux clients et redirigé mes existants. Et puis, je me suis déconnectée comme j’en rêvais depuis longtemps. Retourner dans mon univers juste à moi : mes couleurs, mes humeurs, sans contraintes.
 
Je n’aime pas être étiquetée, associée à un mouvement, à un groupe. Je crains la masse.
 
Comme j’ai dit plus haut, j’ai souvent déménagé et habité à plusieurs endroits au Canada. J’aime bien le renouveau, une nouvelle déco. Qu’importe l’endroit, on peut toujours manger du pâté chinois devant un jeu télévisé animé par Patrice L’écuyer.
 
Quand je n’écris pas, je suis souvent dans les bois. J’aime le son du vent dans les arbres. J’aime aussi les endroits vastes et déserts. J’aime les parcs nationaux, la photographie et peindre. J’aime aussi l’architecture, les églises, bien que je ne sois croyante que six heures par années, la durée du film Jésus de Nazareth de Franco Zeffirelli à Pâques. Je ne peux pas non plus manquer Sissi ou La mélodie du bonheur. Et surtout, Ciné-Cadeau, je ne peux pas imaginer rater Astérix chez les Bretons ou Tintin et le temple du Soleil.
 
Bienvenue dans mon univers.

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